Oubliez la logique du toujours-plus : en France, la TVA ne frappe pas tous les entrepreneurs de la même façon. Une seule virgule de trop sur le chiffre d’affaires, et la bascule devient inévitable. 91 900 euros pour la vente de marchandises, 36 800 euros pour les prestations de services en 2024 : ces seuils ne laissent aucune place à l’approximation. Les règles sont claires, la sanction immédiate. Un euro de dépassement, et la TVA s’invite à la table, sans préavis, dès le premier jour du mois concerné.
Le statut fiscal que vous choisissez trace la route du régime de TVA, et il n’est pas question de revenir en arrière avant la prochaine année civile. Dès la création de votre structure, les options retenues verrouillent le cadre fiscal et les devoirs déclaratifs pour toute la période.
La TVA en France : ce que tout créateur d’entreprise doit savoir
Dès les premiers pas d’une entreprise, la question de la TVA s’impose. Impossible d’y échapper, que vous soyez micro-entrepreneur, gérant d’une SAS ou créateur d’une SARL. Le système français repose sur trois grands régimes de TVA, chacun avec ses propres seuils, ses modalités déclaratives, ses contraintes. Impossible de faire l’impasse.
Voici les différentes options selon votre chiffre d’affaires et votre secteur d’activité :
- La franchise en base : adaptée aux petites structures. Tant que le chiffre d’affaires ne franchit pas 91 900 euros pour la vente de produits ou 36 800 euros pour les services, ni facturation, ni collecte de TVA.
- Le régime réel simplifié : il s’applique lorsqu’on dépasse les seuils ou par choix ; il prévoit une déclaration annuelle (formulaire CA12) et deux acomptes à verser dans l’année.
- Le régime réel normal : destiné aux entreprises avec des volumes supérieurs. Là, la déclaration est mensuelle (formulaire CA3), chaque euro collecté ou dépensé avec TVA doit être suivi de près.
Le régime choisi façonne la gestion de la trésorerie, la comptabilité et les relations avec les partenaires. Avec le régime réel, il devient possible de déduire la TVA sur les achats, un avantage absent en franchise en base. D’où l’importance de réfléchir à la nature précise de l’activité, à la clientèle, et aux perspectives d’évolution. Une fois le choix fait, la rigueur s’impose dans le suivi des seuils et des déclarations, car la moindre négligence se paie.
Quel régime de TVA choisir pour éviter la collecte ?
Ceux qui entendent éviter la TVA sur leurs factures ont tout intérêt à examiner la franchise en base. Cette mesure prévue par le Code général des impôts donne la possibilité, à condition de rester sous 91 900 euros de ventes de produits ou 36 800 euros pour des prestations, de ne pas facturer ni reverser de TVA. L’administration ni ne réclame de déclaration, ni de paiement : sur chaque facture, une simple mention suffit pour indiquer que la TVA n’est pas appliquée selon l’article 293 B du CGI. Un atout pour les petites entreprises qui gagnent en simplicité, et peuvent jouer sur des tarifs nets, sans TVA ajoutée, pour séduire les particuliers.
Mais cette simplicité a ses limites. Toute TVA payée à l’achat reste à la charge de l’entreprise, sans espoir de récupération ni de crédit. Le mode de fonctionnement à privilégier dépend alors : peu d’investissements ? Beaucoup de clients non assujettis ? La franchise en base tient la route. Mais si l’activité s’accélère ou les achats s’accumulent, le passage au réel devient inévitable. Une sortie de la franchise peut survenir brutalement, dès le seuil franchi : plus question de retarder l’échéance.
En résumé, franchise en base et faibles achats font bon ménage. Dès que l’activité monte en puissance, le régime réel finit par s’imposer.
Franchise en base, régime réel simplifié ou normal : conditions d’accès et exemples concrets
Chaque option fiscale façonne le quotidien de l’entreprise. La franchise réserve ses avantages à ceux dont les recettes annuelles ne dépassent pas 91 900 euros (vente de biens) ou 36 800 euros (services). Aucun compte à rendre, pas de déclaration, mais impossible de récupérer la TVA payée aux fournisseurs. Ce cadre attire des consultants indépendants, des freelances, des petits commerces : simple, direct, mais sans filet côté investissement.
Si le chiffre d’affaires grimpe mais ne dépasse pas 840 000 euros en ventes de biens ou 254 000 euros en prestation, le régime simplifié se met en place : formulaire unique à l’année, deux acomptes, une gestion adaptée aux structures qui prennent de l’ampleur mais restent encore agiles. La surveillance des montants de TVA collectée et déductible devient alors un passage obligé.
Quand l’activité explose et dépasse les plafonds du simplifié, l’entreprise bascule en régime normal. L’administratif s’intensifie, la trésorerie demande un suivi précis, chaque mois apporte une déclaration nouvelle. Exemple : une SARL qui vend du matériel informatique dépasse 900 000 euros de chiffre d’affaires, elle doit alors passer au régime réel normal. L’effort administratif s’accroît, mais la récupération de la TVA sur chaque investissement ou dépense pèse positivement sur le bilan.
Pour illustrer simplement chaque option, voici des cas concrets :
- Franchise en base : un micro-entrepreneur avec peu d’achats, des clients principalement non assujettis.
- Régime réel simplifié : une petite agence de communication, un artisan qui travaille avec une équipe réduite.
- Régime réel normal : une société de négoce, un grand e-commerçant à la croissance rapide.
Consulter les sources officielles pour sécuriser son choix fiscal
Pour éviter toute mauvaise surprise, s’appuyer sur les documents officiels à jour reste la meilleure garantie. Beaucoup d’entrepreneurs sautent cette étape au démarrage. Pourtant, une méconnaissance du cadre entraîne vite des pénalités ou fait passer à côté d’options fiscales avantageuses.
Les plateformes publiques, guides fiscaux, notices et simulateurs mis à disposition détaillent la franchise en base, les modalités de chaque régime et les barèmes actualisés. Les textes législatifs, souvent mis à jour, fournissent un socle solide pour vérifier les conditions à respecter. Le service des impôts des entreprises (SIE) répond aussi à toutes les questions pointues sur l’éligibilité et le fonctionnement des régimes.
En parallèle, un expert-comptable apporte sa vision. Ce professionnel distingue les nuances qui échappent à beaucoup, des différences entre réel et simplifié à l’analyse des impacts sur les déclarations TVA ou la fiscalité locale.
Avant toute décision, il est donc recommandé d’adopter quelques réflexes :
- Faire le point sur les seuils correspondants à son activité, qu’il s’agisse de vente ou de prestation de service.
- Parcourir attentivement les notices et documents fiscaux avant de fixer son choix.
- Prendre contact avec le SIE pour vérifier un cas particulier ou interroger sur une possible exonération.
Les lignes bougent, les plafonds changent, les lois s’adaptent. Garder le réflexe de s’informer au fil du temps, c’est s’assurer une activité sereine, à l’abri des revers fiscaux et toujours prête à franchir un cap.


